Quand le lien à l’autre façonne l’estime de soi


 Comprendre la blessure d'attachement : quand le lien à l'autre façonne l'estime de soi

Derrière bien des difficultés relationnelles, des peurs de l’abandon ou du rejet, se cache souvent une réalité plus profonde : la blessure d’attachement. Elle ne se voit pas toujours, mais elle se ressent, souvent sous la forme d’un doute tenace : « Suis-je digne d’amour ? Suis-je assez bien ? »

Nos premières relations, notamment avec nos figures d'attachements (nos parents biologiques ou adoptifs), construisent le socle de notre sécurité intérieure.
C’est à travers le regard, les gestes et les mots de l’autre que l’enfant apprend peu à peu : « J’ai de la valeur » ou au contraire « Je dois mériter d’être aimé ».

L' attachement, notre premier miroir 

La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby et Mary Ainsworth, nous enseigne que la manière dont un enfant est accueilli, consolé et accompagné influence profondément sa vision de lui-même et du monde.

Lorsque l’enfant évolue dans un climat de sécurité affective — où ses besoins sont entendus et ses émotions reconnues —, il construit un attachement dit « sécure ». Il se sent digne d’amour et confiant face à la vie. À l’inverse, dans un environnement instable, intrusif ou négligent, il peut développer un attachement insécure, marqué par la peur d’être rejeté ou par de la méfiance face à la proximité.

Ainsi, dès notre plus jeune âge, l’autre agit comme un miroir qui nous renvoie une image de nous-mêmes. Une image parfois bienveillante, parfois distordue.

 

Quand le lien blesse 

La blessure d’attachement naît lorsque le lien avec nos figures d’attachement est rompu, fragilisé ou insécurisant. Cela peut provenir d’un rejet répété, d’un abandon émotionnel, de la violence physique et/ou verbale, d'humiliation, d’une trahison ou encore d’un manque de reconnaissance.

Ces expériences laissent une empreinte durable : le cerveau émotionnel enregistre que le lien est source de danger et de douleur.

À l’âge adulte, ces blessures se réactivent dans nos relations intimes, amicales ou professionnelles. On peut ressentir une peur viscérale du rejet, une difficulté à faire confiance, ou au contraire, un besoin intense de plaire et d’être validé.e. Derrière ces réactions se cache souvent une stratégie inconsciente pour éviter de revivre la blessure originelle

Estime et confiance : deux piliers fragilisés 

L’estime de soi correspond à la valeur qu’on s’accorde, tandis que la confiance en soi traduit la foi en ses capacités d’agir. Une blessure d’attachement peut éroder ces deux piliers.

Quand on a intériorisé que l’amour dépend de la conformité à certaines attentes, l’estime de soi devient conditionnelle : « Je vaux quelque chose seulement si je réussis, si je plais, si je ne dérange pas. »

La confiance en soi s’effrite aussi, car l’expérience d’un attachement insécure crée le doute : « Puis-je compter sur moi ? Puis-je être soutenu ? »

Souvent, l’adulte blessé alterne entre suradaptation (vouloir tout maîtriser pour éviter le rejet) et auto-sabotage (se convaincre qu’il n’y arrivera pas). Ces mécanismes sont des stratégies de survie — adaptées à l’époque — mais aujourd’hui limitantes.

 

Retisser le lien à soi 

La bonne nouvelle, c’est qu’une blessure d’attachement n’est pas une fatalité. Elle se répare, lentement, à travers le lien — d’abord avec un thérapeute, puis avec soi-même et les autres.

Le travail thérapeutique consiste à créer des expériences relationnelles correctrices : des moments où l’on se sent entendu, compris, accueilli sans condition. Ces expériences viennent peu à peu reprogrammer le système interne d’attachement et permettre à la sécurité de se réinstaller.

Apprendre à se parler avec douceur, reconnaître ses besoins sans honte, oser la vulnérabilité, sont autant de gestes de re-parentage symbolique : se donner enfin l’amour et la présence qu’on aurait aimé recevoir.

En conclusion

Comprendre ses blessures d’attachement, ce n’est pas pointer du doigt le passé, mais reconnaître comment il continue d’agir en soi. C’est aussi s’offrir la possibilité d’écrire une nouvelle histoire, plus libre et plus apaisée.

Chaque pas vers soi est un acte de réparation. Et ce chemin, bien qu’il demande courage et patience, ouvre la porte à une estime de soi plus stable et à une confiance plus profonde — celle de savoir que, désormais, on peut se sentir en sécurité… même seul.e.

 


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