Le syndrome de l’imposteur chez les filles et les femmes
Des messages implicites dès l'enfance
Les stéréotypes de genre, dès l’enfance, influence le développement du syndrome de l’imposteur chez les filles et les femmes
Dès leur plus jeune âge, les filles reçoivent – souvent de manière inconsciente – des messages sociaux qui façonnent leur rapport à la confiance et à la légitimité :
- « Sois modeste » :
Une petite fille qui se vante de sa bonne note est souvent rappelée à l’ordre « Ne te montre pas trop fière », tandis qu’un garçon sera encouragé « Bravo, champion ! ».
Conséquence : À l’âge adulte, les femmes minimisent leurs réussites « J’ai eu de la chance » et ont du mal à revendiquer leurs compétences.
- « Sois parfaite » :
Les filles sont souvent complimentées sur leur apparence ou leur « gentillesse » plutôt que sur leurs compétences « Tu es si sage ! » vs « Tu es si intelligente ! ».
Conséquence : Elles développent une peur de l’erreur et un besoin de tout maîtriser pour se sentir légitimes, ce qui alimente le syndrome de l’imposteur.
- « Ne prends pas trop de place » :
En classe ou en famille, les filles sont moins encouragées à lever la main ou à exprimer leurs idées avec assurance.
Conséquence : À l’âge adulte, elles hésitent à postuler à des promotions ou à parler en réunion, par crainte de « déranger » ou d’être jugées.
Des attentes différentes selon le genre
Les études montrent que :
- Les garçons sont souvent poussés à l’audace « Vas-y bonhomme, tu peux le faire ! », « impose-toi, courage !», ce qui renforce leur confiance, même en cas d’échec.
- Les filles sont encouragées à la prudence « Fais attention ! », « Sois gentille », ce qui limite leur prise de risque et nourrit le doute sur leurs capacités.
Exemple concret :
Un garçon qui échoue à un examen entendra souvent : « Ce n’était pas fait pour toi, essaie autre chose. »
Une fille, elle, entendra plutôt : « Tu n’as pas assez travaillé, tu devrais mieux faire. »
→ La culpabilité est intériorisée, ce qui prépare le terrain pour le syndrome de l’imposteur.rice plus tard.
L'impact à l'âge adulte
Ces schémas se prolongent dans la vie professionnelle et personnelle :
- Au travail : Les femmes ont tendance à attendre d’être « parfaites » avant de postuler à un poste, tandis que les hommes postulent dès qu’ils remplissent 60% des critères (étude Hewlett Packard).
- En famille : Beaucoup de femmes ressentent une pression à « tout gérer » (carrière, enfants, maison), ce qui renforce le sentiment de ne jamais en faire assez.
- Dans les études : Les femmes en STEM (sciences, tech) sont souvent les seules de leur promo, ce qui amplifie le sentiment d’illégitimité « Je ne suis pas à ma place ici ».
Comment déconstruire ces schémas ?
Pour les parents/éducateurs :
- Encourager l’audace : « Ta voix compte, exprime-toi ! »
- Valoriser l’effort, pas la perfection : « Tu as osé essayer, c’est ça l’important. »
- Montrer des modèles variés : Lire des livres ou regarder des films mettant en scène des femmes confiantes et imparfaites.
Pour les adultes (femmes et hommes) :
- Prendre conscience des biais : Identifier les phrases comme « Je ne mérite pas ça » et les remplacer par « J’ai travaillé pour ça, je le mérite. »
- Parler ouvertement : Briser la solitude en partageant ses doutes avec des collègues ou un·e thérapeute.
- Célébrer les petites victoires : Tenir un « journal des réussites » pour contrer la tendance à minimiser ses accomplissements.
Le syndrome de l’imposteur chez les femmes est le résultat d’un conditionnement social qui commence dès l’enfance.
Bonne nouvelle : en prenant conscience de ces mécanismes, on peut les déconstruire et apprendre à s’affirmer avec confiance.

