Je perds mes moyens : quand le système nerveux nous protège
Quand tout s'embrouille
« Je savais pourtant ce que je devais dire… mais plus un mot ne sortait. »
« Mon esprit est devenu blanc, comme si mon cerveau avait débranché. »
« J’ai l’impression de ne plus savoir faire ce que je fais d’habitude. »
Ces expériences, où l’on se sent soudain incapable d’agir, de parler ou de réfléchir, sont souvent vécues avec honte ou frustration. Pourtant, elles ne sont pas le signe d’une faiblesse, mais d’un système nerveux en mode protection. Grâce à la théorie polyvagale (Stephen Porges), nous pouvons comprendre pourquoi notre corps et notre esprit « ne répondent plus » à certains moments – et comment retrouver de la sécurité.
Pourquoi "perd-on ses moyens" ?
Le système nerveux autonome en alerte
Notre système nerveux autonome (SNA) est conçu pour nous protéger. Face à une menace (réelle ou perçue), il active des réponses automatiques :
- L’état vagal ventral (sécurité) : Calme, connexion, clarté d’esprit, confiance et courage naturel, curiosité – c’est l’état de l’engagement social.
- L’état sympathique (mobilisation) : Stress, hypervigilance, réaction rapide – fuite ou combat/défense.
- L’état vagal dorsal (effondrement) : Paralysie, dissociation, sentiment de vide, blanc mental, vide d’énergie, confusion, repli sur soi.
Quand on « perd ses moyens », c’est souvent le signe que le SNA a basculé vers le vagal dorsal (effondrement) ou qu’il balance entre sympathique et dorsal, sans trouver de stabilité.
Les déclencheurs
- Stress aigu : Un examen, une prise de parole, un conflit
- Traumas passés : Le corps réagit comme si le danger était encore présent
- Épuisement : Un système nerveux surchargé finit par « disjoncter ».
- Attachement insécure : La peur de l’abandon ou de l’échec peut déclencher une réponse de gel.
La théorie polyvagal : décrypter la réaction
Le basculement en vagal dorsale : quand le passé resurgit
Notre système nerveux ne réagit pas seulement à ce qui se passe ici et maintenant. Grâce à la neuroception (un concept clé de la théorie polyvagale - c'est un super radar !), il scanne en permanence l’environnement – et notre intérieur – à la recherche de signaux de danger, même infimes.
Ces signaux peuvent être :
- Un ton de voix, une odeur, une posture, l’expression d’un visage, l’intonation d’une voix, un regard,… qui rappelle un événement passé.
- Une situation, un environnement qui, consciemment, ne semble pas menaçante, mais que notre corps associe à un trauma non résolu.
L'hallucination traumatique
Quand la neuroception détecte un élément déclencheur (ex : un regard sévère, un silence soudain), elle peut activer une « hallucination sensorielle » : notre corps réagit comme si le trauma du passé était en train de se reproduire. Ce n’est pas une exagération, mais une mémoire corporelle qui n’a pas été intégrée. Le système nerveux, croyant revivre le danger, enclenche alors une réponse de survie :
- Le sympathique s’active : Hypervigilance, cœur qui s’emballe, pensées qui s’accélèrent.
- Si le sympathique échoue (le danger est toujours présent) le vagal dorsal prend le relais : Engourdissement, dissociation, blanc mental, vide d’énergie
Exemple : Une personne ayant subi des moqueries à l’école peut « perdre ses moyens » lors d’une réunion où un collègue lève les yeux au ciel. Son SNA interprète ce geste comme une menace, même si la situation actuelle est objectivement sûre.
Pourquoi le SNA se déclenche ?
- Le trauma non traité reste « vivant » dans le corps, comme une blessure non cicatrisée.
- Le système nerveux tente de résoudre le passé en répétant les mêmes réactions (fuite, gel, soumission), dans l’espoir – vain – de trouver une issue.
- Résultat : On se retrouve paralysé·e, incapable d’accéder à ses ressources, car le corps est occupé à « survivre » à une menace fantôme.
→ Ce n’est pas la situation présente qui vous submerge, mais l’écho d’une ancienne blessure que votre corps n’a pas encore pu guérir.
Comment retrouver ses moyens ?
Apprendre s'auto-réguler
Par expérience, le mieux serait de traiter le trauma « toujours vivant » encapsuler dans notre système.
Et en attendant il existe des techniques de préparation mentale pour optimiser nos potentiels qui ont largement fait leur preuve. (Qui m’ont bien utiles lors de période d’examen !)
- Respiration lente : Inspirer sur 4 temps, expirer sur 6 (stimule le nerf vague).
- Contact physique rassurant : Se tenir les mains, serrer un objet doux.
- Voix et chant : Murmurer ou chanter pour réactiver le système de sécurité sociale. (avant l’entretien si c’est faisable )
- Techniques d'Optimisation du Potentiel : techniques spécifiques de préparations mentales. (Techniques TOP du Dr Edith Perreault-Pierre - destinées pour les armées, utilisées par les sportifs, cadres, et utiles pour tous)
- Et en parallèle une thérapie pour résoudre les traumas du passé
Quand consulter ?
Si ces épisodes sont fréquents ou handicapants, un·e thérapeute peut aider à :
- Retraiter les traumas sous-jacents (psychothérapie Intelligence Relationnelle®).
- Rééquilibrer le SNA.
Un signal !
Perdre ses moyens vient de quelque part :
c’est le signe que votre système nerveux a besoin de sécurité.
En intégrant la théorie polyvagale, vous pouvez apprendre à :
Reconnaître les états de votre SNA.
Rassurer votre corps avant qu’il ne bascule.
Transformer ces moments en opportunités de reconnexion à vous-même.
- Ce n’est pas vous qui perdez vos moyens, c’est votre système nerveux qui vous rappelle que vous avez dans votre disque dur interne une mémoire qui demande à être traitée.
Reconnaître les états de votre SNA.
Rassurer votre corps avant qu’il ne bascule.
Transformer ces moments en opportunités de reconnexion à vous-même.
Pour aller plus loin
Livres :
- "Le corps n’oublie rien" - Bessel van der Kolk,
- "Techniques d'Optimisation du Potentiel" - Dr Edith Perreaut-Pierre

